Encore un cessez-le-feu. Encore une trêve. Cette trêve, comme les autres, n’aboutira à rien à moins d’un miracle.
Israël a joué sa partition comme prévu, terminant par un final plus destructeur encore que les jours précédents, juste avant l’entrée en fonction d’Obama. Il n’y a pas d’accord entre Israël et le Hamas. Ainsi, il n’y a toujours pas d’ « interlocuteur » à Gaza. Ainsi Israël n’est lié à rien : pas d’ouverture des points de passage, pas d’arrêt des assassinats « ciblés », et surtout, pas de reconnaissance de la légitimité du Hamas.
La « communauté internationale », elle aussi, a joué sa petite musique bien connue : agitation diplomatique, reconnaissance du droit d’Israël à se défendre, condamnation très ferme du Hamas « irresponsable », « préoccupation » pour l’Onu bombardée (53 bâtiments détruits), soutien plus ou moins explicite à Israël. Comme d’habitude, la « communauté internationale » suit les désidératas d’Israël pour la fermeture des tunnels (qui fournissaient 90% des besoins de Gaza en nourriture, biens, etc.), sort Abbas pour montrer qu’on discute avec les Palestiniens, puis le range aussitôt. La « communauté internationale », comme d’habitude, affirme qu’elle ne parlera pas avec le Hamas. L’UE précise qu’ elle ne donnera « pas un centime pour la reconstruction tant que le Hamas est au pouvoir ».
Les pays arabes ont presque joué leur rôle habituel. Il y a eu, en effet et c’est nouveau, quelques soutiens explicites à Israël (Égypte, Autorité Palestinienne), quelques soutiens implicites (Arabie Saoudite, Koweit), quelques lourds silences, quelques rodomontades contre Israël (les « usual suspects » : Iran, Hezbollah)…
Toujours dans son rôle, le Hamas crie sa victoire et affirme qu’il se réarmera. Les Palestiniens ont pu constater qu’ils n’intéressaient aucunement les gouvernements de ce monde.
Les fabricants d’armes sont heureux, ils ont pu tester de nouveaux trucs, les militaires, aussi, sont contents. Le BTP se dit, qu’en ces temps de crise, c’est toujours bon à prendre.
Mais Gaza sera toujours sous blocus, les points de passage n’ouvriront que rarement, la « communauté internationale » continuera à ignorer la victoire électorale du Hamas en 2006, Israël continuera ses assassinats « ciblés », Kadima gagnera peut-être 4 sièges de plus à la Knesset, le Hamas se réarmera, essaiera de dire au monde entier qu’il existe ou disparaitra et sera remplacé par quelque chose de pire.
Ces presque 1 500 morts, ces milliers de blessés, toutes ces destructions, ça a servi à quoi ?
